8 mai 2015

Le démon d'Hell's Kitchen : Netflix voit la vie en rouge


Il y a de cela presque un mois, Netflix mettait en ligne sur sa plateforme l'intégralité des treize épisodes qui composent la première saison de Marvel's Daredevil (on peut aussi se contenter de Daredevil), créée par Drew Goddard et Steven S. DeNight et qui met en scène le célèbre héros au casque cornu. 

La série se déroule trois ans après la fameuse bataille de New York qui a vu s'affronter l'armée de Chitauris menée par Loki et les Avengers qui a dévasté la ville. Pendant cette période de transition de quelques années, les criminels ont profité du chaos ambiant pour prendre discrètement le contrôle de la ville, et plus particulièrement du quartier d'Hell's Kitchen, où a grandi Matt Murdock, avocat aveugle le jour, justicier (toujours aveugle) la nuit (quoi que, concrètement, lui-même ne doit pas voir une grande différence entre les deux...pardon). 

Cette première saison est en fait l'occasion de montrer comment le "vigilante" (terme péjoratif désignant un justicier qui s'approprie la loi et son application) devient pleinement le fameux héros, tout en introduisant brillamment un certain nombre de personnages provenant de l'univers des comics. 
De gauche à droite : Le Caïd, Claire Temple, Matt Murdock, Karen Page, Foggy Nelson
Commençons par celle qui est peut-être mon personnage préféré, j'ai nommé Karen Page, interprétée par la jolie Deborah Ann Woll. Dans les comics, la secrétaire de nos avocats est la femme qui ravit en premier le cœur du justicier (et qui restera l'un de ses "love interest" principaux), mais aussi celui de son associé Foggy. Ce "triangle amoureux" est retranscrit avec finesse dans la série : même si l'on perçoit clairement tout ce qui se joue entre ces trois là, rien n'est fait de manière trop pataude et on croit à l'évolution de leur relation (même si avouons que Foggy qui renoue avec son ex en fin de saison reste un peu trop pratique pour le scénario pour que le spectateur ne voit rien venir. Mais comme pour le reste, c'est un sans faute, on ne dira trop rien, promis). Il faudra attendre la suite pour voir l'amour de Matt et Karen se concrétiser : ils savent y faire pour nous donner envie. 


Là où le personnage est intéressant c'est qu'il n'est, heureusement pas voué à n'être qu'une demoiselle en détresse ou une secrétaire dont les autres tombent amoureux. Karen Page est un personnage fort, qui se bat pour ce en quoi elle croit et qui ose prendre des risques, mais auquel le spectateur peut toujours s'identifier car elle réagit comme vous et moi face à des situations qui nous dépassent, de par leur violence ou leur aspect irréel (c'est également le cas pour le personnage de Foggy, d'ailleurs). C'est un gros point fort de la série.

L'autre personnage féminin récurrent est Claire Temple (Rosario Dawson), une infirmière qui va aider Daredevil à conserver la santé (comment ça je prends des raccourcis ? En gros, c'est ça). Dans les comics, elle va mettre en place un service de nuit pour s'occuper des super-héros blessés. Sympa. Ici, sa relation avec Murdock est très agréable à suivre, et encore une fois, tout est fait subtilement.

Franklin « Foggy » Nelson est le meilleur ami et associé de Matt. Il est interprété par l'acteur Elden Henson. Ce personnage suit le schéma classique de l'adjuvant, c'est à dire celui qui va aider et soutenir le héros dans sa quête, pendant la première partie de la saison : le meilleur ami sympa toujours en retrait par rapport à son pote qui lui vole toutes les belles filles, mais qui compense par sa droiture et son soutien moral sans faille. Heureusement, la deuxième partie permet à Foggy de s'épaissir (non, ceci n'est pas une blague vaseuse concernant son poids, je parle du personnage en entier, promis) et de lancer une nouvelle dynamique avec Matt lorsqu'il découvre le secret de ce dernier. Certes, on pouvait sentir jusque là planer un léger conflit pacifique entre les deux au sujet de Karen, mais là, c'est la déchirure, et j'ai : adoré. Encore une fois, le personnage est réaliste, pose les questions qu'on aurait aimé poser à ce fichu justicier masqué et aveugle, bref, il réagit humainement quoi (c'est un peu la base du contrat de lecture que font les créateurs avec les spectateurs : on veut de la crédibilité!!!).

Ben Urich, interprété par Vondi Curtis-Hall, est un reporter œuvrant pour le New York Bulletin. Dans les comics, il travaille en fait pour The Daily Bugle, où il croisera, en plus de Matt/Daredevil, un jeune homme nommé Peter Parker, dont il découvrira aussi la véritable identité. Les droits de la franchise Spider-man, et donc du titre du journal appartenant encore à Sony à l'époque de mise en route de la série , il leur était impossible de l'utiliser. Le duo de ce personnage avec Karen était vraiment une bonne idée, instaurant une dynamique intéressante. Ben représente aussi en quelque sorte le médiateur entre le super-héros et le commun des mortels.

Dans l'épisode 7, nous découvrons également le personnage de Stick, joué par Scott Glenn. C'est un super-héros créé par Frank Miller, apparu dans Daredevil en 1981 : il fait partie des Chastes, un groupe de ninjas mystiques. Il est aveugle de naissance, et cette infirmité va le faire se rapprocher du jeune Matt Murdock, qu'il va entraîner, ainsi qu'une certaine Elektra. Dans la série, on s'attarde surtout sur la relation qui s'établit entre les deux aveugles : il veut un guerrier, Matt cherche un père. On s'apercevra que ce lien n'est pas si simple à concevoir que ça, puisque les personnages eux-mêmes s'y perdent. A la fin de l'épisode, Stick permet également aux scénaristes d'introduire un autre personnage mystérieux que l'on ne voit que de dos et qui semble s'intéresser de près à Daredevil. Si vous connaissez un peu les comics : La Main (mais Stick étant leur ennemi ça ne collerait pas) ? Le Hibou ? Bien joué, ça sent la saison 2.

Elektra n'est pas présente cette saison mais, si on tend l'oreille, elle est évoquée lors du flash-back qui nous montre Matt et Foggy à l'université : en effet, les deux super-héros se sont rencontrés lors de leurs études et sont tombés amoureux, avant de se séparer.

Première apparition de Wilson Fisk
Si la série met le paquet en terme de gentils, elle met aussi en scène l'un des méchants emblématiques de l'univers Marvel : Wilson Fisk (Vincent D'Onofrio), a.k.a. Le Caïd (ou The Kingpin en version originale), super-vilain qui a sévit chez Spider-man avant de migrer à Hell's Kitchen, où il a grandi. C'est l'ennemi numéro un de notre héros-démon. Le moins que l'on puisse dire, c'est, qu'encore une fois, le casting est parfait : intimidant, le Caïd porte bien son nom. Mais, en prenant le temps de poser ses motivations, qui ne sont pas si éloignées de celles de Daredevil, on évite le piège classique du «  je suis méchant pour être méchant ». Finalement, les deux partis ne sont pas si différents, et c'est ce qui rend le combat pour Hell's Kitchen si compliqué.

On ne peut qu'applaudir la façon qu'a eu la série d'introduire ce personnage : c'est un amateur d'art et de cuisine, timide, qui essaye de conquérir Vanessa. C'est cette histoire d'amour qui va également retenir notre intérêt pour ce personnage, pas si simple que ça. Il en va de même pour son amitié avec Wesley (Toby Leonard Moore). On rompt ici avec les stéréotypes classiques du méchant : HALLELUJAH. Et, en plus, contrairement aux super-vilains des films du MCU, celui là reste crédible de A à Z, et on espère le revoir par la suite.

Vous allez me dire « Oui c'est bien beau tout ça, mais et le protagoniste qui donne son nom à la série, Sherlock??? », et je suis d'accord : il est temps d'y venir. Matt(hew) Murdock, fils de boxeur, devenu aveugle en recevant des produits chimiques dans les yeux alors qu'il empêchait quelqu'un de se faire renverser par une voiture, est campé par celui qui a maintenant envahi et séduit l'Internet, j'ai nommé Charlie Cox, qui va sûrement relancer le commerce des lunettes rondes. Durant cette première saison, on assiste aux débuts du héros masqué, mais on prend également le temps de poser ses questionnements et hésitations, son rapport avec la religion, sa position sur la justice et la loi, bref, tous les enjeux qui caractérisent le personnage. Bon point.

Ces questionnements seront remis en avant quand Foggy découvrira le secret de son ami : quel droit a t-il d'agir ? Le fait-il pour les bonnes raisons ? Finalement, tout ça permet une réflexion intéressant sur les héros en général. De plus, les flash-back sont très bien utilisés : ils permettent d'en savoir plus sur le passé du personnage sans nous inonder de détails inutiles, tout en servant les thématiques des différents épisodes. On pourrait simplement regretter le manque d’interactions du personnage avec les autres, mais après tout, un héros est solitaire, et puis la fin de saison compense largement les manques du début.

Marvel et Netflix ont finalement peut-être trouvé le format idéal adapté aux super-héros : ces treize épisodes d'une heure permettent de plus développer la psychologie et les motivations des personnages, ainsi que les enjeux, ce qui manque parfois aux films (oui, je te pointe du doigt, Age of Ultron). Bref, on prend son temps. Peut-être d'ailleurs un peu trop, en début de saison, où on pouvait avoir le sentiment d'avoir des scènes de remplissage sous les yeux. Jusqu'au sixième épisode. A partir de là, tous les arcs narratifs sont véritablement mis en place et les épisodes s'enchaînent, plus rythmés et prenants.

Mais peut-être que tout cela tient au héros complexe qu'est Daredevil. Toujours est-il que le scénario est bien ficelé et évolue bien : tout se tient et est bien interprêté. De plus, la série bénéficie d'une photographie qui exploite pleinement l'univers du héros : c'est très sombre, sans pour autant que cela nous paraisse exagéré (prends en de la graine, Gotham). Bravo Matthew J. Lloyd (dont vous avez pu déjà apprécier le travail sur la série Fargo). On peut également noter un traitement intéressant des sons, qui vient prolonger le point de vue du héros et participe à nous plonger encore plus dans son monde, son mode de fonctionnement etc.

Daredevil offre des scènes qu'on se rappellera (je ne me plaindrais plus jamais quand je me coincerais la main dans la portière de ma voiture), de scènes d'actions bien chorégraphiées et bien filmées, loin d'être indigestes comme c'est parfois le cas dans certains films (hello again, Age of Ultron). Seule petite ombre au tableau pour moi : le casque du costume de notre héros, aperçu en fin du dernier épisode. Mais c'est juste pour chipoter un peu.

En tout cas, espérons qu'ABC en tire des leçons, car même si j'adore Agents of SHIELD, il faut avouer que tout n'est pas parfait, et on porte beaucoup moins de soins à l'esthétique, ce qui est dommage, parce que côté intrigues et personnages, la série envoie du pâté. Finalement, peut-être que c'est l'autre collaboration entre Marvel et Netflix, Jessica Jones, qui pourra confirmer ou infirmer ce constat.

Bon, maintenant, c'est pour quand la saison 2 ? 


11 février 2015

Promenade forestière

Après Les Misérables et son succès critique mitigé, on pouvait penser que les studios réfléchiraient à deux fois avant de nous proposer une comédie musicale. Que nenni. Alors voici Into the Woods, promenons nous dans les bois, réalisé par Rob Marshall pour Disney, où les histoires de Cendrillon, Raiponce, le Petit Chaperon Rouge et autres héros de contes de fées se voient revisitées et s'entremêlent  à celles d'inconnus (le boulanger et sa femme) pour deux heures de chansonnettes. 

Dès la sortie de salle se pose une question problématique : le spectateur est-il censé rire autant ? On l'espère. Car oui, si l'on regarde le film au trentième degré, il est fort sympathique, poussant à outrance les codes du genre. Mais, s'il était censé avoir une visée moqueuse (voire parodique), pourquoi ne pas être allé jusqu'au bout, au lieu de jongler entre différents tons ? (Me vient à l'esprit Galavant, nouvelle série qui est, pour le coup, vraiment parodique et qui s'assume). Au final, on ne sait plus trop sur quel pied danser : le film se prend-il au sérieux ou non ? Prenons par exemple le loup, incarné par Johnny Depp, qui est partout dans la promo alors qu'il n'apparaît pas tant que cela dans le film et qui est tout simplement risible. Bien entendu, c'est le but. Enfin il faut l'espérer, parce qu'avec un costume comme ça, on ne voit pas d'autres options ou alors ils étaient vraiment justes dans leur budget. 

Une fois passée cette question (pour laquelle je laisse à chacun le droit de se faire sa propre idée), et qu'importe la réponse, le film reste tout de même encore très étrange, mais pas désagréable, au fond. On pourrait surtout regretter sa longueur, surtout quand on sait que tout est chanté, avec beaucoup de moments qui s'étiraient inutilement. 

Le fil rouge que constitue le bois est très bien trouvé et donne un vrai sens au film. Cependant, et c'est ce qui rend le film long, comme nous l'avons dit ci-dessus, les nombreux personnages amènent un trop plein d'histoires différentes, dont certaines ne seront même pas exploitées jusqu'au bout, avec des rebondissements qui ne servent qu'à tirer sur la corde et à allonger la bande-son. Bref, un scénario risqué qui menaçait de faire tomber Mère-Grand dans les orties à chaque instant. 

La relecture des contes reste néanmoins très intéressante et le film nous offre une belle réflexion sur ces histoires que l'on croit connaître (via, la plupart du temps, les dessins-animés Disney, d'ailleurs...). ENFIN, les contes ont droit à une version un peu plus subversive et cruelles pour certains (eh oui, les vilaines sœurs de Cendrillon se font bien couper les orteils afin de chausser la précieuse pantoufle). D'ailleurs, le happy end mitigé du film fait du bien (oui, parce qu'on en a marre que les choses finissent bien, c'est d'un barbant), surtout qu'on en retrouvera un avec le prochain Cendrillon (réalisé par Kenneth Branagh avec Richard Madden et Lily James, qui sortira en mars). 

Bref, le bilan est aussi divisé que les cheveux de Cruella. Into the Woods reste tout de même sympathique à voir une fois, pour rigoler un peu. Son esthétique est belle, et il permet de (re)découvrir le talent de chanteuse de Meryl Streep et d'observer l'envol de James Corden, grande révélation du film. Mais la visée en est trop brouillonne pour permettre un avis tranché : sérieux ou pas sérieux ? 

5 février 2015

Monstres, machines et héros


The Imitation Game, donné favori des Oscars depuis son passage remarqué au festival de Toronto, est un biopic retraçant l'histoire du père de l'intelligence artificielle, Alan Turing (Benedict Cumberbatch), génie homosexuel qui permit aux Alliés de décoder la machine nazie Enigma, et  de ce fait la victoire du bien sur le mal. Un travail pour lequel il ne sera jamais remercié de son vivant.

Le film reprend donc des thèmes auxquels nous sommes habitués, et un thème d'actualité : l'intelligence artificielle. On retiendra particulièrement la scène d'interrogatoire de Turing, qui met en avant le problème posé par le qualificatif qu'on pourrait employer pour décrire la machine qu'à construit le génie anglais, et qui peut s'appliquer à lui-même : "Am I a machine ? Am I a war hero ? Am I a criminal ?"

De même, le personnage joué par Keira Knightley permet autant d'amener une dimension féministe au film que de rendre Alan Turing plus humain, à nous en émouvoir jusqu'aux larmes (la scène de fin m'a été fatale). Et si l'actrice joue comme elle en a l'habitude, d'autres tirent leur épingle...du jeu, justement. Je veux parler de Matthew Goode et Allen Leech, impeccables, de même que Charles papa-Lannister Dance. Mais aussi, évidemment, de Benedict Cumberbatch. Si sa performance ne bluffera pas tout de suite les fans de Sherlock, habitués à le voir dans le rôle d'un génie antipathique, la seconde partie du film aura de quoi combler tout le monde. L'acteur prouve qu'il peut amener une sensibilité infinie à son personnage. Tout est juste, sans trop en faire, avec ce talent et cette retenue qu'on retrouve chez beaucoup d'acteurs british. 

Ensuite, si l'on peu reconnaître une qualité principale à ce film, c'est qu'il nous fait oublier pendant les trois quarts de sa durée que l'on regarde un biopic. En effet, on se croirait dans un thriller, et on se laisse volontiers embarqué dans la course à la montre menée par cette équipe anglaise de choc. Le rythme est soutenu, de même que notre attention. 

Cependant, ce n'est pas un sans faute, car The Imitation Game tombe dans le piège habituel des biopics bien propres sur eux. Ce besoin de finir sur un faux happy end pour ne pas choquer, avec, ensuite, sur fond d'images montrant un feu de joie plein d'allégresse, la véritable fin écrite sur l'écran. En effet, c'est le cas pour presque tous les films de ce genre. Mais est-ce vraiment nécessaire ? Ne peut-on pas prendre cinq minutes de plus pour montrer les choses (ce qui est quand même le propre du cinéma) ? 

Ce petit bémol fait ressortir de la salle avec un goût amer, alors que tout avait si bien commencé. Le film est rempli d'émotions, sans pour autant basculer dans le pathétique, mais cette ode à la différence  aurait été beaucoup plus poignante si l'on avait terminé sur le suicide de Turing. Certes, cela aurait été très triste et choquant. Mais cela aurait été tant mieux. Parce que faire un biopic sur ce personnage hors norme, le sortir de l'ombre, vouloir faire valoir ses droits mais ne pas assumer sa fin tragique, c'est refuser d'aller jusqu'au bout.

30 décembre 2014

Et une de plus

Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir mais de le rendre possible


2014 touche à sa fin, et pour beaucoup cela signifie que c'est l'heure de faire le bilan cinématographique de cette année riche en films plus ou moins grandioses. Ici, que nenni. Comme chacun peut s'improviser spécialiste cinéma et énoncer son avis librement, je vous laisse le soin de faire vous même votre top 2014 (que vous pouvez partager en commentaire si cela vous dit, d'ailleurs) sans interférer. Et puis, pour être tout à fait honnête, la production cinématographique est tellement riche chaque année qu'il faudrait faire un top tous les six mois pour ne pas se perdre ou trop tergiverser, et donner sa chance à tous. 

Enfin, on en arrive au but de ce petit article qui était en fait de...vous souhaiter une BONNE ANNEE 2015, riche en découvertes et en émotions je l'espère pour vous ! En bref que 2015 soit...


Et traversée avec le même sourire s'il vous plaît. 

Vous avez demandé le programme ? 


A l'aube de cette nouvelle année, je sais que vous vous demandez tous (ou presque, il y a des hérétiques partout) : "Mais, cet être mystérieux, quels films attend-il de voir en 2015 ?". Alors comme je suis sympa, je vais vous répondre dans un désordre digne de l'appartement de Sherlock Holmes.

Tout d'abord, Kingsman - Services Secrets, pour un casting impeccable (Colin Firth, Michael Caine, Samuel L. Jackson et Mark Strong ,entre autre) et puis parce que depuis X-Men First Class, j'ai foi en Matthew Vaughn. Le même jour, c'est à dire le 18 février, sortira American Sniper, la nouvelle réalisation de Clint Eastwood. Tous les échos sur la performance de Bradley Cooper sont des plus alléchants, et s'il y a une chose dans laquelle excelle Eastwood, c'est dans les biopics et les portraits de personnages forts (J.Edgar, Gran Torino, Million Dollar Baby, ai-je vraiment besoin de continuer ?). 

Pour entretenir mon âme d'enfant, je compte sur Les Minions, qui sortira le 8 juillet. Bon, on ne va pas non plus prétendre que ce sera LE film à voir de 2015 parce qu'entre nous, on sait bien que ce dessin animé est fait dans un but économique qui vise à exploiter le filon prolifique crée par Moi, moche et méchant. Mais il faut avouer que ces petites bêtes jaunes sont fort attachantes, et en faire les protagonistes d'un long-métrage d'animation est assez ambitieux (et plutôt économique en terme de dialogues). Autrement, en début d'année, on pourra aller se détendre devant la nouvelle collaboration Disney/Marvel...mais animée, cette fois : Les Nouveaux Héros sera sur nos écrans à partir du 11 février et est en fait une adaptation d'un comic qui, si elle ne tient pas ses promesses question héros, aura toujours le mérite d'être bénéfique pour les ventes de produits dérivés avec le robot-bibendum Baymax.  
Côté curiosités, je suis sûre que vous avez vous aussi hâte de découvrir Big Eyes, la nouvelle réalisation de Tim Burton, qui s'est pour l'occasion débarrassé de ses acteurs fétiches au profit de l’impressionnant Christoph Waltz et de la pétillante Amy Adams. Le film sortira le 25 mars en France. Espérons qu'il permettra à l'artiste et réalisateur de re-fidéliser son public, quelque peu désappointés par ses oeuvres les plus récentes (Alice, Dark Shadows...). D'un autre côté, c'est Pixels, de Chris Columbus (Percy Jackson, Harry Potter, Madame Doubtfire...) qui s'annonce comme un film assez décalé : "Des experts en jeux vidéo sont recrutés par l'armée pour combattre des personnages de jeux vidéo des années 1980 qui attaquent New York." Si ça ce n'est pas prometteur, je ne sais pas quoi faire de plus pour vous. Surtout qu'au casting on retrouvera Adam Sandler, Michelle Monaghan et Peter Dinklage

Et voilà. Oui, moi l'adepte des blockbusters, j'ai fini. A l'année prochaine. Non, je rigole. Parce que 2015 est l'année des bons gros blockbusters qu'on attend avec une impatience presque indécente avec en tête Avengers, Age of ultron, qui a déjà réussi à nous faire frissonner rien qu'avec une bande-annonce (bon, et depuis Marvel a sorti une multitude d'images mais je suis une hérétique, je n'en ai regardé qu'une parce que je ne vois pas l'intérêt de connaître déjà la moitié du film avant d'entrer dans la salle). Il sortira le 29 avril chez nous et j'en trépigne d'avance, parce que cela promet d'être du très bon Marvel. Moins de deux mois plus tard, plus précisément le 10 juin, ticket de retour dans un parc rempli de dinosaures avec cette fois Chris Pratt en Indiana Jones du futur. Je parle bien sûr de Jurassic World, sequel de la série des Jurassic Park. Bémol : maître Spielberg n'est "qu'un" producteur délégué parmi tant d'autres, donc pas très intégré au projet. Et pour bien finir l'année, quoi de mieux qu'un nouvel opus de la saga Star Wars, avec l'épisode sept, The Force Awakens (oui, le titre anglais sonne définitivement mieux). Je ne suis pas une grande adepte de J.J Abrams mais le plaisir de retourner voguer dans l'espace dans cet univers crée plusieurs décennies plus tôt par celui qui allait finalement définir le genre du blockbuster restera toujours intact, qu'importe la qualité de ce que nous allons nous voir offrir. Il faudra hélas attendre le 18 décembre pour être fixé !


Et sur le petit écran, Einstein ? 


Si vous avez le plaisir tout relatif de me suivre sur d'autres réseaux sociaux vous savez désormais que je suis une grande mordue de séries, et il m'était donc impossible de faire une petite preview de 2015 sans faire un petit détour du côté du petit écran. 

Cependant, et je sais que je vais faire des déçus, je ne suis pas encore très au fait des nouveautés purement 2015 qui vont surgir sur nos écrans cette année, alors je vais me contenter de vous faire profiter du retour de mes séries préférées, en espérant vous donner envie de les découvrir si vous n'avez pas encore la chance de les suivre.
Marc Warren (Rochefort) remplace Peter Capaldi (Richelieu) dans le rôle du méchant pour la saison 2 de The Musketeers

Ce vendredi 2 janvier verra le retour de mes chers Mousquetaires préférés sur BBC One. The Musketeers est une énième adaptation du chef d'oeuvre de Dumas, qui de toute façon ne peut être que mieux que le dernier """"film""" qui leur était consacré (non mais des bateaux volants, sérieusement ???). Les dialogues, scènes d'actions et costumes sont top, et l'alchimie évidente des membres du casting est la cerise sur la rapière. Quelques jours plus tard, sur la même chaîne, Broadchurch signe son retour avec une saison 2 qui s'annonce encore une fois magnifique, autant visuellement qu'émotionnellement. Rendez-vous le lundi 5 janvier pour en être sûr. 

Ensuite, une nouveauté qui m'intrigue et qui me fait quelque peu (beaucoup) trépigner : Agent Carter, qui arrive sur ABC le même jour que Broadchurch. Si je suis plus modérée c'est que j'ai peur d'une éventuelle redite avec l'autre série de Marvel, Agents of Shield, qui est montée en puissance au point de modifier à tout jamais l'avenir de la franchise et donc des prochains films de super-héros. La série sortira d'ailleurs de son hiatus hivernal le 4 mars (et je n'en peux déjà plus d'attendre !). 

Le 19 février, Vikings sera de retour pour une troisième saison qui s'annonce aussi bonne que les précédentes. Si vous ne suivez pas les aventures de Ragnar, Lagertha and co, vous avez le temps de rattraper le total des 19 épisodes qui constituent les deux premières saisons. Ou, si vous êtes fans, vous pouvez vous organiser un petit rewatch d'ici là, parce qu'on ne va pas se mentir, une fois qu'on a commencé, on ne s'en défait pas. 
Enfin, Outlander, dont je vous avait parlé dans un article précédemment sur le blog, ne reviendra pas avant le 5 avril. Encore plusieurs mois à passer sans le beau Jamie Fraser et ses kilts, donc...Mais l'attente ne sera jamais aussi longue que celle que vivent régulièrement les fans de Sherlock (coucou), qui fera son come-back pour un épisode spécial de Noël fin 2015 (le tournage devrait commencer sous peu, et les spoilers avec, donc prudence sur Tumblr les amis). 

Dans quelques semaines, on pourra découvrir les premiers véritables extraits de la saison 5 de la série maintenant mythique Game of Thrones. Sur le site betaseries, le premier épisode de cette saison est annoncé pour le 5 avril, mais il faudra attendre les premières promos pour en avoir le coeur net. Mon intérêt pour la série a été quelque peu diminué par tout ces manquements aux livres, si joliment massacrés par ceux qu'on appelle maintenant D&D (les producteurs exécutifs du show). Si vous êtes dans le même cas de figure, je ne saurais que trop vous conseiller d'effacer les derniers tomes de votre mémoire afin de profite du spectacle télévisuel qui sera sûrement encore une fois au rendez-vous. C'est plus sûr. 

20 décembre 2014

La liste du Père Lama

Pendant les vacances de Noël, les chaînes de télévision nous inondent de programmes plus alléchants les uns que les autres...mais pas tout le temps. Si vous souhaitez éviter les bêtisiers et téléfilms en tout genres, qui poussent de partout , comme des pâquerettes, le Père Lama (non, il n'a aucun lien de parenté avec le Père Castor je vous assure), vous a concocté une liste très succincte de films à voir/revoir en cette période particulière.

1- Les comédies romantiques, un moyen parfait de bien commencer les vacances

Que serait cette liste sans Love Actually, qui retrace le parcours amoureux de dix couples pendant cette période bénie de l'année, rempli de beaucoup de bons sentiments, le tout saupoudré de cet humour british qu'on aime tant. Avec en prime, un casting au poil de manteau de père noël (Colin Firth, Emma Thompson, Alan Rickman, Liam Neeson et Hugh Grant entre autre). Que demandent les lutins ?

Et, parce que c'est bien connu, Noël est une période où nos hormones se réveillent, encore une autre comédie qui nous fait suivre deux jeunes femmes qui échangent leurs maisons le temps des vacances. L'une va croiser Jack Black, et l'autre Mr Serviette...euh, je veux dire, Jude Law. Je parle bien sûr de The Holiday, un feel good movie parfait pour se sortir pleinement du train train quotidien. 


2- Le soir du réveillon, on le passe avec un monstre vert

The Grinch


Les enfants me détestent, je déteste le monde entier, et Noël est la fête que je hais par dessus tout, je suis, je suis...? Non, pas un brocoli, mais bien The Grinch. Aidé par la folie d'un Jim Carrey survolté, ce film est un must see si vous ignorez tout de ce monstre aux longs doigts ! Qu'on soit en plein dans l'enfance ou moins jeune, c'est toujours un régal de regarder ce film familial qui nous fait rire à chaque fois !





3- Une pointe de magie dans l'air 

La Belle et la Bête de Cocteau
Au cas où Noël n'aurait pas comblé nos attentes, pourquoi ne pas se réfugier quelques heures dans une armoire ? Evidemment, c'est mieux si elle est magique. C'est donc avec plaisir qu'on rentre une nouvelle fois dans Le Monde de Narnia, chapitre 1, pour retrouver les enfants Pevensie, Mr Tumnus et la vilaine reine des neiges...euh non, la Sorcière Blanche, pardon. Il y a de la neige partout, des loukoums, James McAvoy et une grosse peluche en forme de lion, bref, de quoi réveiller l'enfant en nous (si ce n'était pas déjà fait).

Et pourquoi ne pas enchaîner avec Harry Potter à l'école des sorciers ? Question magie, on est servi et l'enchantement qu'on éprouve en retrouvant notre binoclard préféré au début de sa carrière garanti de bons moments.

En dessert, je vous propose un classique : La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Magnifique visuellement et rempli de magie à sa façon, il n'y a pas de meilleur moment pour (re)découvrir ce chef d'oeuvre (et d'oublier le film catastrophique de Christophe Gans si vous avez eu le courage d'aller le voir en février). Si toutefois cette réalisation en noir et blanc ne vous tente pas, vous pouvez toujours vous contenter du Disney (qui est tout aussi magique et magnifique), parce que...

4- Les dessins animés sont nos amis

Toy Story
Je sens déjà à travers l'écran que certains auront envie de me frapper, mais comment faire une liste de films à voir en période de Noël sans parler de La Reine des Neiges, dernier gros succès du studio évoqué ci-dessus ? Des chansons entraînantes et qui restent BIEN en tête (je ne saurais trop vous conseiller de le visionner en version originale), des personnages sympathiques et tout ce qui fait un bon dessin animé, bref, on entretient encore une fois l'enfant qui sommeille en nous. 

En supplément, passage du papa tout de rouge vêtu oblige, on retrouve avec plaisir les jouets animés  de Toy Story. histoire de se demander pendant trois jours si NOS jouets aussi nous observent et font leur vie quand le chat est parti. 

5- Voyage au pays de Burton

L'Etrange Noël de Mr Jack, malgré son nom, se déguste autant à Halloween qu'à Noël. Donc, si vous ne l'avez pas revu au moins d'octobre, je vous conseille vivement de remédier à ça, car on ne se lasse pas des chansons et du visuel du maestro Burton. 

Si Jack le squelette ne suffit pas à vous retourner la tête, on peut se tourner vers une histoire plus triste mais toujours magique et merveilleuse, pour la première collaboration du maître et de son élève, un certain Johnny Depp. Je parle bien sûr d'Edward aux mains d'argent, avec ses ciseaux sculpteurs de glace. 


Et si cela ne suffit pas à vous rassasier, je ne peux que vous encourager à faire de nouvelles découvertes, par hasard ou non, ou bien à revoir vos films préférés, parce qu'il n'y a que ça de vrai.  

22 novembre 2014

Rêves brûlés : Hunger Games, La Révolte, partie 1

Panem aujourd'hui, Panem demain, Panem toujours. 


Sois averti, toi qui n'a pas lu les livres (mais je ne spoile pas ce qui n'est pas montré, rassurez vous) ou qui n'a pas encore vu le film : n'avance pas plus loin. En effet, il me serait impossible de donner un avis constructif et fondé de La Révolte, partie 1, sans me concentrer sur certains passages précis, qui donneront un sens à ma "critique". Maintenant que cette mise en garde est effectuée, passons au film, réalisé par Francis Lawrence et sorti en salles le mercredi 19 novembre 2014. 


May the odds be ever in your favor


Fini le temps des jeux monstrueux orchestrés par le Capitole. Fini, les jeux de rôles de Katniss et Peeta dans l'arène. Seules restent des deux premiers opus les alliances douteuses, la manipulation, le besoin de survie et, malheureusement, en toile de fond, le triangle amoureux. 

On retrouve donc Katniss au District 13, censé avoir été annihilé à la fin de la guerre, et dont elle rencontre la présidente et chef rebelle aux intentions presque aussi malsaines que Snow, Alma Coin (brillamment interprétée par  une Julianne Moore très en forme). 

Le fil rouge du film peut se découper en deux parties distinctes, qui évoluent parallèlement : d'une part, l'acceptation par Katniss de son statut d'égérie de la rebellion et de l'autre, la montée de cette révolte qui gronde sourdement dans les districts. 

Et là réside le point fort de ce troisième opus : certes, il ne met pas en scène des actions débordantes, des enjeux fondamentaux, et, soyons honnêtes, l'intrigue n'avance pas beaucoup, ce qui explique que certains se soient ennuyés ou aient trouvés ça long. Pourtant, c'est réellement un point fort : au lieu de bâcler la résolution (comme un certain épilogue dans le livre...bon ok j'ai rien dit), Francis Lawrence prend le temps d'attiser la flamme, de montrer ces hommes et ces femmes qui sacrifient tout pour les beaux yeux de leur Mockingjay, dans cette foi inébranlable qu'on pourrait presque assimiler à adoration religieuse. Bref, on se croirait dans un film de guerre futuriste.

De même, ce film est l'occasion de faire une critique acerbe des gens de pouvoir, en établissant subtilement un parallèle entre Snow et Coin (avides de revanche et de pouvoir, ils sont prêts à sacrifier des vies, autant l'un que l'autre, et à se servir de Katniss pour arriver à leurs fins). 

On nous offre sur un plateau une belle mise en abyme du monde des médias et du cinéma :et l'espace d'un instant, Jennifer Lawrence n'est plus Katniss, c'est Katniss qui est Jennifer Lawrence, prenant la pose pour satisfaire les gars du marketing et le public, renvoyant une image tout sauf fidèle à sa personnalité. Mais c'est vendeur. 

Tout est dans l'émotion. On retiendra notamment cette scène magnifique où la jeune fille du district 12 chantonne "The Hanging Tree", qui, doucement, va se muer en chant de marche pour les rebelles, partis à l'assaut d'un barrage. Pureté. 

On notera aussi que le mythique chat de Prim Everdeen, Buttercup, a ENFIN son rôle dans le film. Merci pour lui.


The odds are never in our favor


En fond, on peut toujours observer ce triangle insipide composé de Katniss, Peeta et Gale, à qui on promettait une évolution et une réelle profondeur...en vain. Car si Jennifer Lawrence continue sur sa lancée en interprétant brillamment Katniss (même si on peut contester une certaine "exagération" dans certaines scènes), c'est Josh Hutcherson qui, en très peu de temps de présence, crève l'écran. Envoyant donc encore une fois Liam Hemsworth dans les roses. Dans le même temps, Natalie Dormer est fidèle à elle-même en Cressida, caméraman rebelle. 

Ces nouveaux personnages, hormis Coin, ne sont cependant pas approfondis, et ils pourraient mourir que le spectateur ne verserais certainement pas une larme. De même, on peut reprocher à Francis Lawrence d'avoir choisi de maintenir dans l'ombre Finnick Odair (pourtant si joliment joué par Sam Claflin), Johanna Mason ou même Haymitch (même si on leur est reconnaissant d'avoir gardé Effie dans le coin), qui auront pourtant leurs moments forts dans le prochain opus, et qu'il aurait donc été judicieux de mettre en avant. 

Bref, si cette Révolte ne casse pas non plus trois pattes à un geai moqueur, c'est une belle mise en scène de rebellion à son commencement, ponctué de scènes poignantes et magnifiques, qui, si elles ne font pas avancer l'action, nous prennent au coeur alors que le lecteur averti pouvait s'attendre à des longueurs. 

18 novembre 2014

Paroles de Twittos #3 : Band of Brothers


Cette semaine c'est @Kazalhia qui nous parle de Band of Brothers, et je ne sais pas vous, mais je m'y mettrais bien. 

AGoS : Peut-tu résumer la série ? 

En résumé c'est très simple, Band of Brothers est une série qui suit la progression d'une compagnie de parachutistes américains de la WW2 ( 101st Airborne -  506th P.I.R - Easy Company), de leur entrainement aux USA, puis en Angleterre, en passant par le D-Day jusqu'à leur arrivée au Nid de l'Aigle d'Hitler et à la fin de la guerre. 


La série est ponctuée (avant ou après l'épisode) de passages où les vrais "Band Of Brothers" parlent de leurs expériences. Je suis trèèèès mauvaise en résumé, mais si je m'y attarde plus ça gâche le plaisir de la découvrir.

Je tiens à préciser que c'est une série qui relate des faits réels, des gens réels qui ont vraiment existé etc. J'estime donc qu'il ne faut pas la traiter comme toutes les séries fictives que l'on peut avoir partout. Les personnes doivent être traités comme de vrais personnes, ce qui exclut (la gangrène des séries) les fanfictions et les ships. Je pense qu'il est important de sensibiliser les gens là-dessus qui sont trop habitués à des séries fictives avec lesquelles ils peuvent se livrer à toutes sortes de choses farfelues.

AGoS :  C'est un thème assez particulier, plus abordé en films qu'en séries. Qu'est-ce que cela apporte en plus d'avoir choisi ce format ? 


Le VRAI plus du format série (10 épisodes de 42 min, ou plus pour certains) sur Band Of Brothers c'est qu'on peut voir chaque épisode et donc chaque étape de leur avancée d'un point de vue d'un personnage différent.


Je m'explique : Les réalisateurs ont choisis de s'attarder sur un personnage en particulier sur quasiment chaque épisode, bien qu'on puisse voir tous les autres aussi, et que certains épisodes ne sont pas forcément basés sur un personnage en particulier (j'espère que c'est clair). Pour illustrer un peu : Les épisodes 2, 5 et 10 sont basés du point de vue de Winters.  Ce qui ne nous empêche pas de voir les autres. Mais c'est lui qui narre l'épisode et l'action tourne un peu autour de lui.


En gros, le format série permet de développer plus profondément les personnages et nous permet de voir vraiment les liens existants entre eux et qui se sont créés au gré des épreuves.


AGoS : Faut-il être passionné d'histoire pour se laisser prendre à la série ? Ou au contraire, est-ce qu'elle peut faire naître des vocations ? 


Alors pour cette question je vais te faire part de mon expérience personnelle. Ma passion pour la WW2 vient de là. Même si avant j'étais intéressée, je pense vraiment que cette série m'a fait réaliser beaucoup de choses, de part son réalisme. Elle fait moins made in Hollywood que le film Il faut sauver le soldat Ryan pourtant inspiré de faits réels.

N'importe qui peut accrocher à cette série, mais il faut quand même, je pense, apprécier cette période de l'Histoire un minimum. Même si l'aspect de la guerre n'est pas forcément ce qui est mis en avant dans cette série. Elle aborde beaucoup plus le côté humain.

AGoS : Quels sont selon toi ses plus gros atouts comparé aux productions qu'on a actuellement ? 

Le GROS atout de cette série ? La cohésion entre les acteurs. Il faut savoir qu'ils ont fait un boot camp avant de tourner la série, sous la direction du Capitaine Dale Dye (Il a une compagnie qui s'est spécialisé dans le conseil pour les films sur la guerre)


Ce boot camp avait pour but de les familiariser avec l'uniforme, les règles de l'armée, le langage technique et il avait aussi pour but que les acteurs nouent des liens entre eux comme s'ils s'étaient entrainé pendant 2 ans ensemble comme de vrais militaires.


Tout ça se voit à l'écran, ils sont à l'aise, il y a un vrai lien entre eux et ça rend la série beaucoup plus réaliste. Je ne pense pas que tous les films soient autant préparés que cette série l'a été.


En fait je vois cette série comme un cours d'Histoire mais agréable à regarder, par ennuyeuse du tout. (c'est cool ça d'apprendre tout en regardant une série!)

AGoS :  Ton épisode/personnage favori et pourquoi ? 


Alors là je vais être chiante et en donner plusieurs. D'abord les personnages:


Major Richard D. Winters : C'est le leader de la Easy. Je l'aime pour sa prestance, sa droiture. Damian Lewis l'interprète avec excellence. Je pense qu'il reflète énormément le vrai Richard Winters.


Capitaine Ronald Speirs : Hyper badass (oui c'est une raison). Je pense que ce genre de mec avec un caractère particulier peut plaire aux gens. J'en connais qui détestent la série mais qui adorent Speirs ! Matthew Settle est excellent dans son rôle de Capitaine un peu flippant.

Caporal Eugène "Doc" Roe :Il est l'infirmier de la compagnie. Hyper attachant (les filles l'adorent!) avec sa bonne bouille, il apporte un côté un peu sensible dans ce monde affreux qu'est la guerre. Et il nous montre aussi la réalité (Comme le doc dans le Soldat Ryan). C'est Shane Taylor qui l'interprète.


Pour les épisodes (j'suis sympa allez j'en mets que 2). Je dirais l'épisode 1 - Currahee, qui commence sur l'entrainement qu'ils ont suivi, pourquoi ils sont là, et on passe en revue un peu tous les protagonistes.

Et les épisodes 6 et 7 Bastogne et The Breaking Point qui se passent durant la Bataille des Ardennes. Épisodes très émouvant mais aussi très durs.


AGoS : Une citation pour résumer la série (ou qui te plait particulièrement) ? 
Une ? Rohh allez !
Je l'illustre même parce que je suis sympa : je la remet en contexte, Toye se retrouve, en l'espace de cinq minutes, deux fois coincé dans une tranchée avec une grenade qui lui explose à côté. Ça l'agace un peu ...Ce qui montre bien que quand c'est pas l'heure de mourir ....


Et une autre, parce que la particularité de la Easy Company, c'est de se prendre des balles dans le cul :


Lieutenant Compton (4 trous, une seule balle.) 
Soldat Popeye Wynn
Sergent Frank Perconte
Et pour encore citer Toye (il me fait trop rire) : "Where are your boots?""In Washington, up General Taylor's ass."

Et les autres, ils en pensent quoi ?