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11 février 2015

Promenade forestière

Après Les Misérables et son succès critique mitigé, on pouvait penser que les studios réfléchiraient à deux fois avant de nous proposer une comédie musicale. Que nenni. Alors voici Into the Woods, promenons nous dans les bois, réalisé par Rob Marshall pour Disney, où les histoires de Cendrillon, Raiponce, le Petit Chaperon Rouge et autres héros de contes de fées se voient revisitées et s'entremêlent  à celles d'inconnus (le boulanger et sa femme) pour deux heures de chansonnettes. 

Dès la sortie de salle se pose une question problématique : le spectateur est-il censé rire autant ? On l'espère. Car oui, si l'on regarde le film au trentième degré, il est fort sympathique, poussant à outrance les codes du genre. Mais, s'il était censé avoir une visée moqueuse (voire parodique), pourquoi ne pas être allé jusqu'au bout, au lieu de jongler entre différents tons ? (Me vient à l'esprit Galavant, nouvelle série qui est, pour le coup, vraiment parodique et qui s'assume). Au final, on ne sait plus trop sur quel pied danser : le film se prend-il au sérieux ou non ? Prenons par exemple le loup, incarné par Johnny Depp, qui est partout dans la promo alors qu'il n'apparaît pas tant que cela dans le film et qui est tout simplement risible. Bien entendu, c'est le but. Enfin il faut l'espérer, parce qu'avec un costume comme ça, on ne voit pas d'autres options ou alors ils étaient vraiment justes dans leur budget. 

Une fois passée cette question (pour laquelle je laisse à chacun le droit de se faire sa propre idée), et qu'importe la réponse, le film reste tout de même encore très étrange, mais pas désagréable, au fond. On pourrait surtout regretter sa longueur, surtout quand on sait que tout est chanté, avec beaucoup de moments qui s'étiraient inutilement. 

Le fil rouge que constitue le bois est très bien trouvé et donne un vrai sens au film. Cependant, et c'est ce qui rend le film long, comme nous l'avons dit ci-dessus, les nombreux personnages amènent un trop plein d'histoires différentes, dont certaines ne seront même pas exploitées jusqu'au bout, avec des rebondissements qui ne servent qu'à tirer sur la corde et à allonger la bande-son. Bref, un scénario risqué qui menaçait de faire tomber Mère-Grand dans les orties à chaque instant. 

La relecture des contes reste néanmoins très intéressante et le film nous offre une belle réflexion sur ces histoires que l'on croit connaître (via, la plupart du temps, les dessins-animés Disney, d'ailleurs...). ENFIN, les contes ont droit à une version un peu plus subversive et cruelles pour certains (eh oui, les vilaines sœurs de Cendrillon se font bien couper les orteils afin de chausser la précieuse pantoufle). D'ailleurs, le happy end mitigé du film fait du bien (oui, parce qu'on en a marre que les choses finissent bien, c'est d'un barbant), surtout qu'on en retrouvera un avec le prochain Cendrillon (réalisé par Kenneth Branagh avec Richard Madden et Lily James, qui sortira en mars). 

Bref, le bilan est aussi divisé que les cheveux de Cruella. Into the Woods reste tout de même sympathique à voir une fois, pour rigoler un peu. Son esthétique est belle, et il permet de (re)découvrir le talent de chanteuse de Meryl Streep et d'observer l'envol de James Corden, grande révélation du film. Mais la visée en est trop brouillonne pour permettre un avis tranché : sérieux ou pas sérieux ? 

5 février 2015

Monstres, machines et héros


The Imitation Game, donné favori des Oscars depuis son passage remarqué au festival de Toronto, est un biopic retraçant l'histoire du père de l'intelligence artificielle, Alan Turing (Benedict Cumberbatch), génie homosexuel qui permit aux Alliés de décoder la machine nazie Enigma, et  de ce fait la victoire du bien sur le mal. Un travail pour lequel il ne sera jamais remercié de son vivant.

Le film reprend donc des thèmes auxquels nous sommes habitués, et un thème d'actualité : l'intelligence artificielle. On retiendra particulièrement la scène d'interrogatoire de Turing, qui met en avant le problème posé par le qualificatif qu'on pourrait employer pour décrire la machine qu'à construit le génie anglais, et qui peut s'appliquer à lui-même : "Am I a machine ? Am I a war hero ? Am I a criminal ?"

De même, le personnage joué par Keira Knightley permet autant d'amener une dimension féministe au film que de rendre Alan Turing plus humain, à nous en émouvoir jusqu'aux larmes (la scène de fin m'a été fatale). Et si l'actrice joue comme elle en a l'habitude, d'autres tirent leur épingle...du jeu, justement. Je veux parler de Matthew Goode et Allen Leech, impeccables, de même que Charles papa-Lannister Dance. Mais aussi, évidemment, de Benedict Cumberbatch. Si sa performance ne bluffera pas tout de suite les fans de Sherlock, habitués à le voir dans le rôle d'un génie antipathique, la seconde partie du film aura de quoi combler tout le monde. L'acteur prouve qu'il peut amener une sensibilité infinie à son personnage. Tout est juste, sans trop en faire, avec ce talent et cette retenue qu'on retrouve chez beaucoup d'acteurs british. 

Ensuite, si l'on peu reconnaître une qualité principale à ce film, c'est qu'il nous fait oublier pendant les trois quarts de sa durée que l'on regarde un biopic. En effet, on se croirait dans un thriller, et on se laisse volontiers embarqué dans la course à la montre menée par cette équipe anglaise de choc. Le rythme est soutenu, de même que notre attention. 

Cependant, ce n'est pas un sans faute, car The Imitation Game tombe dans le piège habituel des biopics bien propres sur eux. Ce besoin de finir sur un faux happy end pour ne pas choquer, avec, ensuite, sur fond d'images montrant un feu de joie plein d'allégresse, la véritable fin écrite sur l'écran. En effet, c'est le cas pour presque tous les films de ce genre. Mais est-ce vraiment nécessaire ? Ne peut-on pas prendre cinq minutes de plus pour montrer les choses (ce qui est quand même le propre du cinéma) ? 

Ce petit bémol fait ressortir de la salle avec un goût amer, alors que tout avait si bien commencé. Le film est rempli d'émotions, sans pour autant basculer dans le pathétique, mais cette ode à la différence  aurait été beaucoup plus poignante si l'on avait terminé sur le suicide de Turing. Certes, cela aurait été très triste et choquant. Mais cela aurait été tant mieux. Parce que faire un biopic sur ce personnage hors norme, le sortir de l'ombre, vouloir faire valoir ses droits mais ne pas assumer sa fin tragique, c'est refuser d'aller jusqu'au bout.

30 décembre 2014

Et une de plus

Pour ce qui est de l'avenir, il ne s'agit pas de le prévoir mais de le rendre possible


2014 touche à sa fin, et pour beaucoup cela signifie que c'est l'heure de faire le bilan cinématographique de cette année riche en films plus ou moins grandioses. Ici, que nenni. Comme chacun peut s'improviser spécialiste cinéma et énoncer son avis librement, je vous laisse le soin de faire vous même votre top 2014 (que vous pouvez partager en commentaire si cela vous dit, d'ailleurs) sans interférer. Et puis, pour être tout à fait honnête, la production cinématographique est tellement riche chaque année qu'il faudrait faire un top tous les six mois pour ne pas se perdre ou trop tergiverser, et donner sa chance à tous. 

Enfin, on en arrive au but de ce petit article qui était en fait de...vous souhaiter une BONNE ANNEE 2015, riche en découvertes et en émotions je l'espère pour vous ! En bref que 2015 soit...


Et traversée avec le même sourire s'il vous plaît. 

Vous avez demandé le programme ? 


A l'aube de cette nouvelle année, je sais que vous vous demandez tous (ou presque, il y a des hérétiques partout) : "Mais, cet être mystérieux, quels films attend-il de voir en 2015 ?". Alors comme je suis sympa, je vais vous répondre dans un désordre digne de l'appartement de Sherlock Holmes.

Tout d'abord, Kingsman - Services Secrets, pour un casting impeccable (Colin Firth, Michael Caine, Samuel L. Jackson et Mark Strong ,entre autre) et puis parce que depuis X-Men First Class, j'ai foi en Matthew Vaughn. Le même jour, c'est à dire le 18 février, sortira American Sniper, la nouvelle réalisation de Clint Eastwood. Tous les échos sur la performance de Bradley Cooper sont des plus alléchants, et s'il y a une chose dans laquelle excelle Eastwood, c'est dans les biopics et les portraits de personnages forts (J.Edgar, Gran Torino, Million Dollar Baby, ai-je vraiment besoin de continuer ?). 

Pour entretenir mon âme d'enfant, je compte sur Les Minions, qui sortira le 8 juillet. Bon, on ne va pas non plus prétendre que ce sera LE film à voir de 2015 parce qu'entre nous, on sait bien que ce dessin animé est fait dans un but économique qui vise à exploiter le filon prolifique crée par Moi, moche et méchant. Mais il faut avouer que ces petites bêtes jaunes sont fort attachantes, et en faire les protagonistes d'un long-métrage d'animation est assez ambitieux (et plutôt économique en terme de dialogues). Autrement, en début d'année, on pourra aller se détendre devant la nouvelle collaboration Disney/Marvel...mais animée, cette fois : Les Nouveaux Héros sera sur nos écrans à partir du 11 février et est en fait une adaptation d'un comic qui, si elle ne tient pas ses promesses question héros, aura toujours le mérite d'être bénéfique pour les ventes de produits dérivés avec le robot-bibendum Baymax.  
Côté curiosités, je suis sûre que vous avez vous aussi hâte de découvrir Big Eyes, la nouvelle réalisation de Tim Burton, qui s'est pour l'occasion débarrassé de ses acteurs fétiches au profit de l’impressionnant Christoph Waltz et de la pétillante Amy Adams. Le film sortira le 25 mars en France. Espérons qu'il permettra à l'artiste et réalisateur de re-fidéliser son public, quelque peu désappointés par ses oeuvres les plus récentes (Alice, Dark Shadows...). D'un autre côté, c'est Pixels, de Chris Columbus (Percy Jackson, Harry Potter, Madame Doubtfire...) qui s'annonce comme un film assez décalé : "Des experts en jeux vidéo sont recrutés par l'armée pour combattre des personnages de jeux vidéo des années 1980 qui attaquent New York." Si ça ce n'est pas prometteur, je ne sais pas quoi faire de plus pour vous. Surtout qu'au casting on retrouvera Adam Sandler, Michelle Monaghan et Peter Dinklage

Et voilà. Oui, moi l'adepte des blockbusters, j'ai fini. A l'année prochaine. Non, je rigole. Parce que 2015 est l'année des bons gros blockbusters qu'on attend avec une impatience presque indécente avec en tête Avengers, Age of ultron, qui a déjà réussi à nous faire frissonner rien qu'avec une bande-annonce (bon, et depuis Marvel a sorti une multitude d'images mais je suis une hérétique, je n'en ai regardé qu'une parce que je ne vois pas l'intérêt de connaître déjà la moitié du film avant d'entrer dans la salle). Il sortira le 29 avril chez nous et j'en trépigne d'avance, parce que cela promet d'être du très bon Marvel. Moins de deux mois plus tard, plus précisément le 10 juin, ticket de retour dans un parc rempli de dinosaures avec cette fois Chris Pratt en Indiana Jones du futur. Je parle bien sûr de Jurassic World, sequel de la série des Jurassic Park. Bémol : maître Spielberg n'est "qu'un" producteur délégué parmi tant d'autres, donc pas très intégré au projet. Et pour bien finir l'année, quoi de mieux qu'un nouvel opus de la saga Star Wars, avec l'épisode sept, The Force Awakens (oui, le titre anglais sonne définitivement mieux). Je ne suis pas une grande adepte de J.J Abrams mais le plaisir de retourner voguer dans l'espace dans cet univers crée plusieurs décennies plus tôt par celui qui allait finalement définir le genre du blockbuster restera toujours intact, qu'importe la qualité de ce que nous allons nous voir offrir. Il faudra hélas attendre le 18 décembre pour être fixé !


Et sur le petit écran, Einstein ? 


Si vous avez le plaisir tout relatif de me suivre sur d'autres réseaux sociaux vous savez désormais que je suis une grande mordue de séries, et il m'était donc impossible de faire une petite preview de 2015 sans faire un petit détour du côté du petit écran. 

Cependant, et je sais que je vais faire des déçus, je ne suis pas encore très au fait des nouveautés purement 2015 qui vont surgir sur nos écrans cette année, alors je vais me contenter de vous faire profiter du retour de mes séries préférées, en espérant vous donner envie de les découvrir si vous n'avez pas encore la chance de les suivre.
Marc Warren (Rochefort) remplace Peter Capaldi (Richelieu) dans le rôle du méchant pour la saison 2 de The Musketeers

Ce vendredi 2 janvier verra le retour de mes chers Mousquetaires préférés sur BBC One. The Musketeers est une énième adaptation du chef d'oeuvre de Dumas, qui de toute façon ne peut être que mieux que le dernier """"film""" qui leur était consacré (non mais des bateaux volants, sérieusement ???). Les dialogues, scènes d'actions et costumes sont top, et l'alchimie évidente des membres du casting est la cerise sur la rapière. Quelques jours plus tard, sur la même chaîne, Broadchurch signe son retour avec une saison 2 qui s'annonce encore une fois magnifique, autant visuellement qu'émotionnellement. Rendez-vous le lundi 5 janvier pour en être sûr. 

Ensuite, une nouveauté qui m'intrigue et qui me fait quelque peu (beaucoup) trépigner : Agent Carter, qui arrive sur ABC le même jour que Broadchurch. Si je suis plus modérée c'est que j'ai peur d'une éventuelle redite avec l'autre série de Marvel, Agents of Shield, qui est montée en puissance au point de modifier à tout jamais l'avenir de la franchise et donc des prochains films de super-héros. La série sortira d'ailleurs de son hiatus hivernal le 4 mars (et je n'en peux déjà plus d'attendre !). 

Le 19 février, Vikings sera de retour pour une troisième saison qui s'annonce aussi bonne que les précédentes. Si vous ne suivez pas les aventures de Ragnar, Lagertha and co, vous avez le temps de rattraper le total des 19 épisodes qui constituent les deux premières saisons. Ou, si vous êtes fans, vous pouvez vous organiser un petit rewatch d'ici là, parce qu'on ne va pas se mentir, une fois qu'on a commencé, on ne s'en défait pas. 
Enfin, Outlander, dont je vous avait parlé dans un article précédemment sur le blog, ne reviendra pas avant le 5 avril. Encore plusieurs mois à passer sans le beau Jamie Fraser et ses kilts, donc...Mais l'attente ne sera jamais aussi longue que celle que vivent régulièrement les fans de Sherlock (coucou), qui fera son come-back pour un épisode spécial de Noël fin 2015 (le tournage devrait commencer sous peu, et les spoilers avec, donc prudence sur Tumblr les amis). 

Dans quelques semaines, on pourra découvrir les premiers véritables extraits de la saison 5 de la série maintenant mythique Game of Thrones. Sur le site betaseries, le premier épisode de cette saison est annoncé pour le 5 avril, mais il faudra attendre les premières promos pour en avoir le coeur net. Mon intérêt pour la série a été quelque peu diminué par tout ces manquements aux livres, si joliment massacrés par ceux qu'on appelle maintenant D&D (les producteurs exécutifs du show). Si vous êtes dans le même cas de figure, je ne saurais que trop vous conseiller d'effacer les derniers tomes de votre mémoire afin de profite du spectacle télévisuel qui sera sûrement encore une fois au rendez-vous. C'est plus sûr. 

20 décembre 2014

La liste du Père Lama

Pendant les vacances de Noël, les chaînes de télévision nous inondent de programmes plus alléchants les uns que les autres...mais pas tout le temps. Si vous souhaitez éviter les bêtisiers et téléfilms en tout genres, qui poussent de partout , comme des pâquerettes, le Père Lama (non, il n'a aucun lien de parenté avec le Père Castor je vous assure), vous a concocté une liste très succincte de films à voir/revoir en cette période particulière.

1- Les comédies romantiques, un moyen parfait de bien commencer les vacances

Que serait cette liste sans Love Actually, qui retrace le parcours amoureux de dix couples pendant cette période bénie de l'année, rempli de beaucoup de bons sentiments, le tout saupoudré de cet humour british qu'on aime tant. Avec en prime, un casting au poil de manteau de père noël (Colin Firth, Emma Thompson, Alan Rickman, Liam Neeson et Hugh Grant entre autre). Que demandent les lutins ?

Et, parce que c'est bien connu, Noël est une période où nos hormones se réveillent, encore une autre comédie qui nous fait suivre deux jeunes femmes qui échangent leurs maisons le temps des vacances. L'une va croiser Jack Black, et l'autre Mr Serviette...euh, je veux dire, Jude Law. Je parle bien sûr de The Holiday, un feel good movie parfait pour se sortir pleinement du train train quotidien. 


2- Le soir du réveillon, on le passe avec un monstre vert

The Grinch


Les enfants me détestent, je déteste le monde entier, et Noël est la fête que je hais par dessus tout, je suis, je suis...? Non, pas un brocoli, mais bien The Grinch. Aidé par la folie d'un Jim Carrey survolté, ce film est un must see si vous ignorez tout de ce monstre aux longs doigts ! Qu'on soit en plein dans l'enfance ou moins jeune, c'est toujours un régal de regarder ce film familial qui nous fait rire à chaque fois !





3- Une pointe de magie dans l'air 

La Belle et la Bête de Cocteau
Au cas où Noël n'aurait pas comblé nos attentes, pourquoi ne pas se réfugier quelques heures dans une armoire ? Evidemment, c'est mieux si elle est magique. C'est donc avec plaisir qu'on rentre une nouvelle fois dans Le Monde de Narnia, chapitre 1, pour retrouver les enfants Pevensie, Mr Tumnus et la vilaine reine des neiges...euh non, la Sorcière Blanche, pardon. Il y a de la neige partout, des loukoums, James McAvoy et une grosse peluche en forme de lion, bref, de quoi réveiller l'enfant en nous (si ce n'était pas déjà fait).

Et pourquoi ne pas enchaîner avec Harry Potter à l'école des sorciers ? Question magie, on est servi et l'enchantement qu'on éprouve en retrouvant notre binoclard préféré au début de sa carrière garanti de bons moments.

En dessert, je vous propose un classique : La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Magnifique visuellement et rempli de magie à sa façon, il n'y a pas de meilleur moment pour (re)découvrir ce chef d'oeuvre (et d'oublier le film catastrophique de Christophe Gans si vous avez eu le courage d'aller le voir en février). Si toutefois cette réalisation en noir et blanc ne vous tente pas, vous pouvez toujours vous contenter du Disney (qui est tout aussi magique et magnifique), parce que...

4- Les dessins animés sont nos amis

Toy Story
Je sens déjà à travers l'écran que certains auront envie de me frapper, mais comment faire une liste de films à voir en période de Noël sans parler de La Reine des Neiges, dernier gros succès du studio évoqué ci-dessus ? Des chansons entraînantes et qui restent BIEN en tête (je ne saurais trop vous conseiller de le visionner en version originale), des personnages sympathiques et tout ce qui fait un bon dessin animé, bref, on entretient encore une fois l'enfant qui sommeille en nous. 

En supplément, passage du papa tout de rouge vêtu oblige, on retrouve avec plaisir les jouets animés  de Toy Story. histoire de se demander pendant trois jours si NOS jouets aussi nous observent et font leur vie quand le chat est parti. 

5- Voyage au pays de Burton

L'Etrange Noël de Mr Jack, malgré son nom, se déguste autant à Halloween qu'à Noël. Donc, si vous ne l'avez pas revu au moins d'octobre, je vous conseille vivement de remédier à ça, car on ne se lasse pas des chansons et du visuel du maestro Burton. 

Si Jack le squelette ne suffit pas à vous retourner la tête, on peut se tourner vers une histoire plus triste mais toujours magique et merveilleuse, pour la première collaboration du maître et de son élève, un certain Johnny Depp. Je parle bien sûr d'Edward aux mains d'argent, avec ses ciseaux sculpteurs de glace. 


Et si cela ne suffit pas à vous rassasier, je ne peux que vous encourager à faire de nouvelles découvertes, par hasard ou non, ou bien à revoir vos films préférés, parce qu'il n'y a que ça de vrai.  

22 novembre 2014

Rêves brûlés : Hunger Games, La Révolte, partie 1

Panem aujourd'hui, Panem demain, Panem toujours. 


Sois averti, toi qui n'a pas lu les livres (mais je ne spoile pas ce qui n'est pas montré, rassurez vous) ou qui n'a pas encore vu le film : n'avance pas plus loin. En effet, il me serait impossible de donner un avis constructif et fondé de La Révolte, partie 1, sans me concentrer sur certains passages précis, qui donneront un sens à ma "critique". Maintenant que cette mise en garde est effectuée, passons au film, réalisé par Francis Lawrence et sorti en salles le mercredi 19 novembre 2014. 


May the odds be ever in your favor


Fini le temps des jeux monstrueux orchestrés par le Capitole. Fini, les jeux de rôles de Katniss et Peeta dans l'arène. Seules restent des deux premiers opus les alliances douteuses, la manipulation, le besoin de survie et, malheureusement, en toile de fond, le triangle amoureux. 

On retrouve donc Katniss au District 13, censé avoir été annihilé à la fin de la guerre, et dont elle rencontre la présidente et chef rebelle aux intentions presque aussi malsaines que Snow, Alma Coin (brillamment interprétée par  une Julianne Moore très en forme). 

Le fil rouge du film peut se découper en deux parties distinctes, qui évoluent parallèlement : d'une part, l'acceptation par Katniss de son statut d'égérie de la rebellion et de l'autre, la montée de cette révolte qui gronde sourdement dans les districts. 

Et là réside le point fort de ce troisième opus : certes, il ne met pas en scène des actions débordantes, des enjeux fondamentaux, et, soyons honnêtes, l'intrigue n'avance pas beaucoup, ce qui explique que certains se soient ennuyés ou aient trouvés ça long. Pourtant, c'est réellement un point fort : au lieu de bâcler la résolution (comme un certain épilogue dans le livre...bon ok j'ai rien dit), Francis Lawrence prend le temps d'attiser la flamme, de montrer ces hommes et ces femmes qui sacrifient tout pour les beaux yeux de leur Mockingjay, dans cette foi inébranlable qu'on pourrait presque assimiler à adoration religieuse. Bref, on se croirait dans un film de guerre futuriste.

De même, ce film est l'occasion de faire une critique acerbe des gens de pouvoir, en établissant subtilement un parallèle entre Snow et Coin (avides de revanche et de pouvoir, ils sont prêts à sacrifier des vies, autant l'un que l'autre, et à se servir de Katniss pour arriver à leurs fins). 

On nous offre sur un plateau une belle mise en abyme du monde des médias et du cinéma :et l'espace d'un instant, Jennifer Lawrence n'est plus Katniss, c'est Katniss qui est Jennifer Lawrence, prenant la pose pour satisfaire les gars du marketing et le public, renvoyant une image tout sauf fidèle à sa personnalité. Mais c'est vendeur. 

Tout est dans l'émotion. On retiendra notamment cette scène magnifique où la jeune fille du district 12 chantonne "The Hanging Tree", qui, doucement, va se muer en chant de marche pour les rebelles, partis à l'assaut d'un barrage. Pureté. 

On notera aussi que le mythique chat de Prim Everdeen, Buttercup, a ENFIN son rôle dans le film. Merci pour lui.


The odds are never in our favor


En fond, on peut toujours observer ce triangle insipide composé de Katniss, Peeta et Gale, à qui on promettait une évolution et une réelle profondeur...en vain. Car si Jennifer Lawrence continue sur sa lancée en interprétant brillamment Katniss (même si on peut contester une certaine "exagération" dans certaines scènes), c'est Josh Hutcherson qui, en très peu de temps de présence, crève l'écran. Envoyant donc encore une fois Liam Hemsworth dans les roses. Dans le même temps, Natalie Dormer est fidèle à elle-même en Cressida, caméraman rebelle. 

Ces nouveaux personnages, hormis Coin, ne sont cependant pas approfondis, et ils pourraient mourir que le spectateur ne verserais certainement pas une larme. De même, on peut reprocher à Francis Lawrence d'avoir choisi de maintenir dans l'ombre Finnick Odair (pourtant si joliment joué par Sam Claflin), Johanna Mason ou même Haymitch (même si on leur est reconnaissant d'avoir gardé Effie dans le coin), qui auront pourtant leurs moments forts dans le prochain opus, et qu'il aurait donc été judicieux de mettre en avant. 

Bref, si cette Révolte ne casse pas non plus trois pattes à un geai moqueur, c'est une belle mise en scène de rebellion à son commencement, ponctué de scènes poignantes et magnifiques, qui, si elles ne font pas avancer l'action, nous prennent au coeur alors que le lecteur averti pouvait s'attendre à des longueurs. 

18 octobre 2014

Affrontements

Plus de James Franco qui prend soin de son gentil bébé singe, plus de happy end en demi-teinte dans ce film qui semble hériter du genre catastrophe/apocalyptique. Les images sont sombres, fini le temps du San Francisco baignant dans la lumière du soleil. C'est l'aube. Les images sont sombres, mais sublimes, et le talent d'Andy Serkis atteint un nouveau pic dans le rôle de César. On retrouve ce dernier en leader primate plus humain que le chef des homosapiens, régnant sur la nouvelle civilisation qu'il a réussi à construire avec sa nouvelle famille. Alors qu'on croyait l'espèce humaine décimée, une petite colonie survit dans la ville de San Francisco, coupée du reste du monde, inconsciente du danger qui la guette. Vient alors une rencontre, un face à face sous haute tension, comme le promettait le titre du film.
Andy Serkis, alias César. Tous les acteurs jouant les singes sont brillants, justes. La motion capture est une petite merveille, comme le film.

On pourrait d'ailleurs regretter la traduction de ce dernier. En effet, le titre original, Dawn of the Planet of the Apes (L'Aube de la Planète des Singes), a plus de sens, compte tenu de l'arrivée plus ou moins lointaine d'un troisième volet qui semble inévitable et qui verra, lui, l'Affrontement.
Si on va plus loin, le nom français de ce blockbuster estival ne saurait être plus faux. Car ce n'est pas un affrontement, mais DES affrontements qui nous sont ici montrés. 
L'affrontement singes-singes, et celui humains-humains, qui permettent de bien montrer qu'il y a du bon et du mauvais de chaque côté, évitant ainsi comme dans les Origines, le clivage "singes gentils-humains méchants". Le conflit humains-singes, inévitable. Comme le scénario est assez basique et convenu (mais ce n'est pas du tout gênant dans le cas présent, le plaisir est là), on a un effet miroir entre le personnage de Malcolm (Jason Clarke) et celui de César (ils représentent l'espoir, la volonté de paix, la figure paternelle), mais aussi, dans une moindre mesure, entre Dreyfus (Gary Oldman) et Koda (Toby KeBbell), paralysés par leurs défauts alors que le monde tente de changer.
Enfin, l'affrontement plus ou moins passif entre César et son fils aux yeux bleus et au regard triste. Peu importe l'espèce, chacun doit un jour trouver sa place, se démarquer, mettre au défi ses parents pour se créer sa propre identité, et donc, faire des erreurs, pour mieux rebondir, apprendre quoi. 
Et il n'y a pas d'âge pour ça. Car si Yeux Bleus grandit au fil de l'aventure, César aussi. Sa vision utopique de ses congénères se heurtre à la haine de Koba, singe défiguré, teigneux, revanchard et violent, qui nous fait plus frissonner que les psychopathes hominidés auxquels nous sommes habitués. Ainsi, le film s'ouvre-t-il sur un regard déterminé et fier du chemin parcouru, tandis qu'il se finira sur des yeux las et tristes. Comme Malcolm prend conscience que la perte n'a pas adoucie le cœur de tous les hommes, César apprend que la cruauté existe même chez les singes. 
L'intelligence permet de construire une civilisation, mais les émotions qui l'accompagnent la détruise (la haine de Koda, l'orgueil de Dreyfus, incapable de concevoir qu'une autre espèce que l'homme puisse être douée d'intelligence, la jalousie, l'envie...), et ce, peu importe la civilisation en question. Tel est le message du film. Animal, homme, tous sont soumis à la même loi implacable, prisonniers d'un cercle vicieux vieux comme le monde. 
Pour finir, je retiendrais le moment final où l'homosapiens et le primate s'étreignent, amis tous deux déçus par leurs espèces respectives, ayant vu leurs espoirs de paix anéantis. Puis, l'homme s'efface lentement au profit du singe, comme ce dernier l'a fait il y a des milliards d'années plus tôt pour lui. Malcolm et les spectateurs ne font alors qu'un : l'issue de l'Affrontement final à venir est écrite. Par l'histoire, la littérature...et le cinéma.